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Mousseline la Sérieuse/Sylvie Yvert

Éditeur : Editions Héloïse d'Ormesson (2016)

Résumé

Sylvie Yvert se glisse dans les pas de Madame Royale et donne voix à cette femme au destin hors du commun qui traversa les événements avec fierté et détermination. Sous sa plume délicate et poignante, la frontière entre victoire collective et drame intime se trouble pour révéler l’envers du décor de cette histoire de France que nous croyons connaître.

Mon avis

Aujourd'hui, je renoue avec ma passion qui est l'histoire moderne et notamment tout ce qui touche de près ou de loin à Marie-Antoinette. D'ordinaire, je m'abstiens de lire ce genre de romans historiques parce que j'ai l'impression de lire l'avis de l'auteur plutôt que des faits. Le problème avec les historiens, c'est qu'ils ont toujours du mal à rester neutres dans leurs propos. D'autant qu'ici, il ne peut y avoir que de l'interprétation du passé, la principale intéressée, Mousseline la sérieuse n'était plus de ce monde depuis 1851. Je me suis toutefois laisser tenter, espérant en apprendre un peu plus sur elle.
D'un point de vue historique et pour avoir lu un certain nombre de biographies sur la fille de Marie-Antoinette, je pense que le livre est assez fidèle à la réalité en ce qui concerne les faits, les anecdotes relatés. L'auteur s'est très bien documentée. En ce qui concerne les sentiments et le caractère de Marie-Thérèse, il y a forcement une part subjective de l'auteur même si les historiens s'accordent assez sur le caractère de l'orpheline. Beaucoup diront que le livre s'étend plus sur la période révolutionnaire que sur la période impériale. Cela est assez normal en réalité, l'auteur ayant basé (je pense) son roman autour de ses résultats de recherches. Hors après la Révolution, alors que l'Orpheline était la seule survivante des atrocités révolutionnaires, elle devenait en quelque sorte, une héroïne sublimée et beaucoup y allaient de leur plume pour raconter l'histoire de la famille. Aussi, beaucoup de personnes, anciens membres de la cour ou membres du personnel de la famille royale, nostalgiques, aimaient raconter des anecdotes d'un temps révolus. Tous ces témoignages nous permettent aujourd'hui de connaitre l'intimité de la royauté française. Comme on peut le percevoir dans le roman, en grandissant, Marie-Thérèse parlait peu du fait de sa grande timidité et n'ayant confiance qu'en peu de personnes, elle ne se livra pas sur ses sentiments et sur sa vie d'adulte après sa libération. L'auteur de ce fait, ne souhaitant probablement pas spéculer sur cette période de l'histoire et souhaitant rester au plus près de la réalité à sans doute préféré ne pas inventer pour pallier le manque de sources.
La forme romancée est intéressante, elle donne une humanité au livre, au point que l'on se surprend à penser que le récit est authentique, qu'il s'agit réellement de son journal. J'ai beaucoup apprécié ce livre car j'ai appris de nouvelles choses sur le sujet. Je savais que lors de leur captivité, la famille était plus que jamais soudée et cet ouvrage nous le fait ressentir. Je le conseille aux lecteurs fascinés par l'histoire mais qui n'apprécient pas de lire des livres qui ne font que consigner des événements, des noms de batailles, des noms de ministres, des dates qui se succèdent, aseptisés de toute humanité. Nous connaissons plus ou moins les faits et les souffrances de Marie-Thérèse mais sous la forme d'un roman, nous pouvons ressentir toutes ses émotions. Même s'il s'agit en quelque sorte de l'interprétation de l'auteur, en confrontant le caractère connu de la jeune fille avec son vécu, il est difficile de pouvoir imaginer d'autres sentiments. La détresse et la tristesse de celle qui, dit-on, avait les yeux rougis, se ressentent à travers les mots utilisés dans ce roman.