Petite gazette de mes lectures

20 novembre 2017

Agnès Grey/Anne Brontë

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Agnès Grey

Anne Brontë

1847

Résumé 

Agnès Grey est la fille du pasteur d'un village du nord de l'Angleterre. Ses parents ayant subi un revers de fortune, Agnès décide de les aider financièrement en occupant l'un des rares emplois permis aux femmes respectables au début de l'ère victorienne: gouvernante d'enfants de riches. Elle travaille dans deux familles, les Bloomfield et les Murray, et doit bientôt faire face à l'indiscipline des enfants gâtés. Elle s'aperçoit aussi que, dans cette riche bourgeoise terrienne, l'argent et le statut détruisent les valeurs sociales et morales (wikipédia)

Mon avis 

Agnès Grey est un roman assez plaisant à lire. Il est pour une part autobiographique et raconte dans certaines parties les expériences d'Anne Brontë lorsqu'elle était gouvernante. On retrouve le style romantique de l'Angleterre du 19ème siècle, un style assez proche de Jane Austen plus que de sa soeur Charlotte Brontë à mon avis. Agnès raconte ses expériences sous forme d'un journal intime et nous apostrophe assez souvent. J'ai bien aimé la forme du récit et on a vraiment l'impression que l'auteur nous parle. Le texte est fluide et clair, on imagine assez bien l'histoire.

Je n'y ai pas retrouvé d'éléments sombres et tragiques comme dans Jane Eyre. Je crois que c'est un peu ce qui m'a déçu dans ce livre. Il est un peu trop gentillet pour moi. Je trouve que l'histoire manque de rebondissements, de profondeur dans la description des sentiments et les évènements sont assez plats pour moi. Hormis les parties du récit sur les expériences de gouvernante d'Agnès, j'ai trouvé l'histoire d'amour assez banale. Je trouve que tous les évènements vont assez vites, on passe très très rapidement sur les étapes de la vie de notre héroïne, des évènements qui auraient mérité d'être un peu plus creusés. J'aurais aussi aimé que l'auteur s'attarde plus sur des anecdotes de son métier ce qui je pense, aurait rendu l'ouvre plus originale.

Une bonne petite lecture qui plaira surement aux inconditionnels de Jane Austen plus qu'aux fans de Charlotte Brontë. On aime le côté très british et romantique de l'ouvrage qui s'inscrit très bien dans son époque.

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17 novembre 2017

La Femme de trente ans/Honoré de Balzac

 

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La Femme de trente ans

Honoré de Balzac

1842

 

 

Petit résumé et mon avis

J’ai terminé il y a peu « La femme de trente ans » de Balzac, l’une de ses nombreuses histoires de la  Comédie humaine qui sait si bien décrire la société du 19e siècle. Dans ce roman, l’auteur s’intéresse surtout à la condition de la femme mariée et des bienséances de la haute société. Julie, jeune fille belle et intelligente, s’éprend d’un jeune militaire et souhaite à tout prix l’épouser malgré la mise en garde de son père. En effet, ce dernier constate la stupidité et la vulgarité du jeune homme quand la jeune fille ne voit que beauté et prestige de l’uniforme. On retrouve Julie un an après son mariage, amèrement déçue de sa condition, dégoûtée par son mari dont elle ne peut que constater la « nullité ». Elle en éprouve une aversion physique au point de considérer leurs relations sexuelles comme des viols. Julie, qui souffre probablement d’une maladie transmise par un mari volage, s’éprend d’un jeune lord anglais, médecin qui va tout faire pour la soigner. Je ne vais pas vous divulguer la suite !

J’ai beaucoup aimé cette histoire. La condition de la femme du 19e siècle y est remarquablement bien traitée et je ne doute pas que Balzac ait pu être un franc défenseur du divorce ! Il sait sonder et dépeindre les souffrances de son personnage, dévoile les pensées féminines, les déceptions d’une femme mariée, les sentiments d’exaltation intérieure d’une femme amoureuse, la culpabilité d’une amante, le poids ou le réconfort de la religion et des croyances, la fatalité de la vie qui se lit sur les visages, la tristesse d’une fille détestée, la jalousie d’une enfant, la lassitude et l’angoisse d’une vieille femme, l'ingratitude d'une fille chérie devenue la reine des coquette. Je trouve pour ma part que Balzac est un maître de l’empathie et il sait particulièrement bien nous transmettre l’état d’esprit de ses personnages.

Reflet de son époque romantique, cette histoire a parfois des passages assez rocambolesques ce qui donne au roman un petit côté fantastique qui ne m’a pas déplu.

Je recommande cette petite lecture agréable et dont l’histoire explore la profondeur des sentiments personnels.

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16 novembre 2017

Jeanne la fileuse/Honoré Beaugrand

 

 

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Jeanne la fileuse

Honoré Beaugrand

texte libre de droits, 1878

 

Résumé

La jeune Jeanne habite la rive sud du fleuve Saint-Laurent, avec son frère et son père. Ils ne sont pas riches, le père a été victime des représailles contre les sympathisants des Patriotes suite à la révolte de 1837, mais vivent humblement et vertueusement. Lors des récoltes, les enfants louent leurs bras à un important fermier de la rive nord. Le frère se lie d'amitié avec Pierre, le fils du propriétaire, et ce dernier devient rapidement épris de Jeanne. Pierre et le frère de Jeanne iront travailler un hiver au chantier, le mariage sera célébré au retour. Le plan est idyllique, mais la fatalité frappe un coup cruel : le père décède au cours de l'hiver et Jeanne n'a pas les moyens de subvenir à ses besoins. Elle cherche vainement du travail, mais la seule solution est de quitter le Canada pour les États-Unis. Elle se joint à une famille qui part pour Falls River, Massachussetts, s'embaucher dans les filatures de la Nouvelle-Angleterre. Jeanne obtiendra un poste de fileuse, mais elle doit supporter les rudes conditions de travail des usines : l'air empoussiéré, les semaines de 60 heures, les accidents, la tristesse de l'exil... De plus, elle craint de ne jamais revoir ni son frère ni son amant, car elle n'a pu les avertir de son départ.

 

Mon avis 

Je viens de terminer une petite nouvelle que j'ai trouvée assez simple et agréable à lire. Il s'agit du roman d'Honoré Beaugrand, ''Jeanne le fileuse'' qui fut en son temps, un roman incontournable. J'ai dévoré ce petit roman, la lecture est vraiment très fluide. L'histoire raconte la rencontre amoureuse de deux personnes issues de deux familles rivales au Canada au 19ème siècle. Pierre, fils d'un riche fermier dont le père a soutenu ''l'annexion'' d'une partie du Canada par l'Angleterre en 1837 et Jeanne, fille d'un pauvre vieillard qui a soutenu dans sa jeunesse le parti des patriotes contre l'oppresseur anglais. Le récit est entrecoupé d'éléments ''documentaires'' concernant le climat social du pays, la pauvreté ambiante, le manque de travail qui pousse les canadiens français à fuir et chercher du travail aux Etats-Unis. L'auteur fut par ailleurs l'un des seuls auteurs de son temps à défendre l'émigration. En effet, alors que la plupart des récits, articles de presse de l'époque dénoncent les conditions de travail et d'accueil des travailleurs canadiens sur les sols états-uniens, H. B. soutient tout au contraire, que grâce au développement des chemins de fer et des moyens de communication, les Etats-Unis ont su développer l'économie du pays et offrir de nombreux postes aux immigrants , dans les usines de filatures des indiennes de coton. L'auteur nous dresse le constat positif chiffré de ces entreprises et de la qualité de vie des canadiens à Fall river. On retrouve dans ce roman des éléments historiques et biographiques de l'auteur même s'il est fort probable que les personnages sont imaginaires. Tout comme Pierre, l'auteur fit des études au collège. Dans sa jeunesse H. B. a soutenu le parti des patriotes et semble prendre position pour eux dans le cours du récit. Il dirigea un bureau de presse à Fall River, un lieu important dans le roman, fut maire de Montréal (un grand passage parle d'ailleurs d'une grande fête qui regroupa des milliers de canadiens français immigrés de retour au pays pour célébrer la fête nationale) et fut témoin d'un accident tragique réel décrit dans le roman et dont nos personnages seront victimes ou témoins également (je n'en dirai pas plus).

J'ai bien aimé cette petite lecture même si parfois les éléments documentaires paraissent prendre le pas sur le roman lui-même mais il est vrai que ces éléments donnent tout leur sens à l'histoire. Il ne faut pas non plus oublier que le roman lui-même est une sorte de revendication politique de l'auteur qui souhaitait dénoncer les mauvais choix fait par le Canada, d'une part de ne pas développer les moyens de communication dans le pays et d'autre part de ne pas lutter volontairement contre le chômage et l'émigration de masse. Ce roman est le reflet d'une société et d'une histoire des canadiens français au 19ème siècle. Les descriptions des métiers, des filatures, des petits villages au bord de la rivière Saint-Laurent, du travail des bûcherons et même la rencontre avec des Indiens m'ont fait découvrir l'histoire d'une société que je ne connaissais pas.

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Le printemps des enfants perdus

Le printemps des enfants perdus

Béatrice Egémar

Les Presses de la cité, 2013

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Résumé :

1750. Parfumeuse rue Saint-Honoré à Paris, descendante d'une longue lignée d'artisans grassois, Manon Dupré se passionne pour les odeurs, les onguents et... l'aventure. A une époque influencée par les fastes de la cour de Versailles, où l'on dépense des sommes incroyables pour le parfum, où la coutume est d'en changer quotidiennement (il est alors un signe extérieur de richesse et permet d'évacuer les odeurs douteuses d'une toilette à l'eau encore peu prisée...), on parfume tout : le corps, les vêtements et jusqu'aux accessoires : perruques, mouchoirs, dentelles, gants, éventail... Dans la boutique paternelle où travaille Manon gravite une clientèle fidèle d'artistes et de comédiens. Lorsque son jeune neveu Jean-Baptiste, simple d'esprit, au nez très affûté, disparaît, Manon établit rapidement le lien avec les rumeurs d'enlèvements d'enfants qui bruissent dans la capitale. On dit que les victimes seraient envoyées en Louisiane pour être égorgé afin que leur sang soigne un prince lépreux. Au fur et à mesure de son enquête, Manon rencontre d'autres parents de disparus et cherche à démasquer les coupables. Une quête et un compte à rebours effréné qui la mèneront dans le milieu alors très impopulaire et corrompu de la police...

Mon avis :

Il y a quelque temps, j'ai reçu une surprise par la poste, une amie m'avait offert un livre ''Le printemps des enfants disparus''. Je pense avoir lu ce livre en trois jours! L'histoire se situe à Paris faubourg Saint-Honoré en 1750. Manon, jeune fille discrète qui a repris la parfumerie de son père, doit accueillir son jeune neveu autiste devenu une honte pour sa famille. Mais dans les rues de Paris, des jeunes enfants disparaissent. Les langues vont bon-train et on accuse le roi et Madame de Pompadour d'avoir fait enlever ces enfants pour les envoyer peupler les colonies ou encore qu'un prince lépreux fait enlever des jeunes garçons pour utiliser leur sang pour se soigner. Pourtant, la police ne semble pas développer et suivre l' enquête malgré les témoignages d'enfants ayant réussi à échapper à leurs ravisseurs. Mais un jour, le jeune apprenti de Manon, Gaspart, disparaît sans laisser de trace. Inquiète, elle commence à en parler autour d'elle et l'une de ses amies, actrice de son état, lui présente son jeune soupirant Joseph Vérité. Une timide idylle va naître entre Manon et Joseph et le couple décidera de mener l'enquête afin de retrouver Gaspart, ce qui les entrainera dans différents lieux de la capitale.

Ce que j'ai aimé : les descriptions du métier de parfumeur-gantier. Il est vrai que l'auteur a fait de nombreuses recherches sur le sujet et a su donner vie à cette partie de l'histoire de la coquetterie féminine (et masculine) du 18ème siècle. Les odeurs, les poudres, les onguents et les épices, les gants parfumés, les lotions parfumées à la violette y sont décrits avec justesse et l'on regrette de ne pouvoir sentir ce que nous sommes en train de lire. La vie dans Paris, les petits métiers, le quartier du Louvre bruyant, les carrosses, les gens qui se rendent au théâtre, les quartiers plus pauvres, les liesses populaires, les lynchages publics, la prison nous plongent dans le Paris d'antan et j'ai trouvé cela formidable. J'ai apprécié également le fait que le fond de l'histoire provient d'un fait réel survenu en 1750 dans la capitale.

Ce que j'ai le moins aimé : le manque d'intrigue pour ce roman historico-policier, le manque de profondeur dans l'histoire peut-être un peu trop superficielle pour moi, même si on ne se doute pas forcément de l'exactitude de la fin, on s'en fait une idée bien avant d'avoir terminé le livre. Je n'ai pas trouvé l'intrigue policière très originale...

Pour conclure, j'ai trouvé l'histoire sympathique, j'ai passé un bon moment mais sans plus malheureusement en ce qui concerne l'intrigue policière.

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03 novembre 2017

Les bâtards du soleil/Eve de Castro

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Les bâtards du soleil

Eve de Castro

Editeur : Olivier Orban 1987

 

Résumé

De la reine son épouse, Louis XIV eut un seul fils, qui lui donna trois petits-fils et deux arrière-petits-fils. En 1715, ne restait de son sang qu'un garçon de 5 ans. Et cinq bâtards. Que savons-nous de ceux-là, de ces fruits du péché, nés dans le secret de la douce La Valière et de Montespan la superbe, légitimés, dotés, mariés comme dans les contes, de ces enfants de l'ombre dont l'aîné faillit régner et dont la cadette fut l'épouse du Régent ? Rien, ou si peu. Jusqu'à ce jour, aucun historien ne s'était penché sur eux. Et pourtant... Sous le règne de leur père comme sous la Régence, ils tiennent le devant de la scène politique, les premières places à la cour; ils font l'événement, ils étonnent, scandalisent, fascinent. De l'ombre d'une naissance honteuse aux marches du trône, voire à celles du cachot, leur vie forme le plus surprenant des romans. Fastes, folies, passions, intrigues, gloire et déchéance, comédie un soir, tragédie le lendemain, rien n'y manque. Qu'on ne s'y trompe pas. Ce n'est là fiction, mais bien l'Histoire que nous révèle Eve de Castro. A partir d'un travail de recherche considérable, elle met à jour, et avec quel éclat, cette constellation méconnue. Des personnages à l'image de leur temps, excessifs, tout en contrastes, qui nous entraînent à travers les ors et les ténèbres du Grand Siècle, dans l'ivresse de la Régence, jusqu'à l'aube de Louis XV.

 

Mon avis

Les batards du soleil! Tout un programme! J'ai trouvé ce livre de 1987 sur les étagères d'un de mes oncles et même si j'ai eu un instant d'hésitation devant ce ''pavé'', je me suis dit que ce serait l'occasion pour moi de ''combler quelques lacunes'' sur mes connaissances de la vie de Louis XIV. Je n'avais pas encore vu de livre qui regroupe autant d'informations sur TOUS les enfants du roi Soleil, (tout du moins ceux dont on a eu connaissance!) Je ne dirai pas que ce livre fut un coup de coeur mais une belle découverte. J'ai trouvé que le sujet est traité d'une façon très complète. L'auteur relate non seulement la vie (de la naissance à la mort) de chacun des enfants mais également les relations intra-familiales (relations qui en réalité, façonnent les intrigues de la cour). Il est d'ailleurs impressionnant de constater à quel point Louis XIV a su créer des alliances propres à le servir sur plusieurs générations, ses descendants restant au coeur du pouvoir de plusieurs cours d'Europe! Ce livre est bien rythmé, on ne s'ennuie pas, il est parsemé d'anecdotes parfois comiques, d'autres plus sérieuses qui nous permettent de cerner assez bien la psychologie des protagonistes. La gloutonnerie du régent et d'une de ses filles, le mauvais caractère d'une autre, les jalousies entre soeurs, les intrigues de Madame du Maine, le caractère plus effacé du comte de Toulouse qui se rêvait en bourgeois dans son relais de chasse, le pauvre fils de Louise de La Vallière qui n'avait que pour seul intérêt dans la vie que de plaire à son royal paternel, qui de son côté, avait bien du mal à pardonner à son fils son vice italien... En somme une véritable vie de famille avec ses joies et ses querelles.

Le seul bémol pour moi a été justement la compréhension des liens familiaux entre tous les personnages. D'autant qu'une personne pouvait avoir un titre puis un autre à la mort d'un frère ainé. Heureusement, à la fin de l'ouvrage on trouve des petits arbres généalogiques.

Personnellement je me suis régalée des anecdotes historiques. L'auteur cite toujours ses sources et signale les informations dont la véracité n'est pas prouvée. Il est agréable à lire, d'un style simple. Les personnes peu friandes des évènements historiques telles que les dates de batailles ou de traités... seront râvies de cette lecture! Pour ma part j'ai passé de très bons moments à lire cet ouvrage.

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02 juin 2017

La Part des flammes/Gaëlle Nohant

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La part des flammes

Gaëlle Nohant

Editions Héloïse d'Ormesson, 2015

 

Résumé:

Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse rue Jean-Goujon à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers le comptoir n° 4, tenu par la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu’en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d’Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, la bonté de Sophie d’Alençon leur permettra-t-elle d’échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l’incendie du Bazar de la Charité.

Mon avis :

 

Aujourd'hui je vous donne mon avis sur cet ouvrage. Je l'ai beaucoup aimé, il se lit facilement et je l'ai dévoré! J'avoue avoir été transportée au 19ème siècle et par certains côtés, j'ai eu l'impression de me retrouver au Bonheur des dames! Il faut savoir qu'on entre assez rapidemment dans le drame de l'histoire, l'incendie du bazar de la charité et il est vrai que j'en fus surprise! ''Quoi? Déjà? On arrive à l'incendie! Mais de quoi vont parler ces 500 pages alors!''. Rassurez-vous! L'intrigue ne manque pas. Autour de ce drame réel, l'auteur imagine trois vies, celles de trois femmes que tout semble opposer sauf leur expérience tragique de cet incendie. Comment ces femmes survivantes vont se croiser, se cotoyer et parfois devenir amies. Comment elles vont devoir refaire leur vie après l'incendie, les cicatrices psychologiques mais aussi physiques avec lesquelles elles vont devoir vivre toute leur vie. L'auteur ne fait pas qu'imaginer, elle rapporte également dans le récit des témoignages réels, comme les dernières heures de vie de la soeur de Sissi l'impératrice, la duchesse d'Alençon qui fit preuve d'un grand courage devant la mort, mais aussi d'autres femmes et jeunes filles de la bonne société françaises décédées dans cet accident. Le récit tourne autour de la réalité, seule la vie de nos héroïnes est imaginée. J'ai personnellement appris beaucoup de choses sur cet incendie, les polémiques qui suivirent le drame, la construction d'une chapelle sur les lieux de l'entrepos incendié, la détresse des familles pour l'identification des victimes, des hommes accusés de ne pas avoir porté secours aux femmes, mais aussi des hommes héroïques, bravant les flammes... En arrière plan de cette histoire, le petit Paris, celui des pauvres et des malades qui survivaient grâce à l'aide des bonnes oeuvres, comme celle tenue par la duchesse d'Alençon, ce Paris si peu romantique qu'on retrouve peu dans les romans.

Je recommande donc cette histoire aux personnes, qui comme moi, apprécient les faits historiques, la condition des femmes dans l'histoire et un récit original qui se lit simplement. Un bon moment de lecture!

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25 janvier 2017

Laëtitia ou La fin des hommes/Ivan Jablonka

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Laëtitia ou La fin des hommes

Ivan Jablonka

Editions du Seuil 2016

 

Résumé :

Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d’être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans.

Ce fait divers s’est transformé en affaire d’État : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du « présumé coupable », précipitant 8 000 magistrats dans la rue.

Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille et les acteurs de l’enquête, avant d’assister au procès du meurtrier en 2015. Il a étudié le fait divers comme un objet d’histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer.

Mon avis :

Plus que le récit d’un ‘’fait divers’’, l’auteur, plein d’empathie, nous livre l’histoire tragique de cette jeune fille nommée Laetitia, qui en apparence avait tout pour être heureuse. Mais l’apparence est bien trompeuse. Souriante, travailleuse, courageuse aux yeux de ses amis et de ses proches, elle cache visiblement un mal-être peut-être dû à une enfance gâchée par la violence et l’alcoolisme de son père, la dépression de sa mère, le ballotage dans différents foyers, les attouchements commis par son père de substitution dans sa famille d’accueil. Avec l’aide de sa sœur Jessica, l’auteur tente de ‘’raconter’’ Laëtitia, essaye de trouver un lien entre ses douleurs d’enfance, son milieu social et son dernier choix, celui de suivre un marginal et de le prendre pour ami au point d’y laisser sa vie. Yvan Jablonka s’exprime d’une façon très poétique. Je suis plutôt satisfaite qu’il n’ait pas pris l’initiative d’en faire un roman où il parlerait à la première personne à la place de la jeune fille. Je pense que cela aurait faussé son histoire. Comme le pense également l’auteur, nul ne peut se mettre à la place de Laëtitia, pas même sa sœur jumelle. Il ne peut émettre que des hypothèses suite aux évènements et indices trouvés. L’auteur entrecoupe son histoire par des faits historiques, d’autres crimes, l’histoire d’institutions publiques en liens avec l’accueil des orphelins, le droit des femmes... On s’aperçoit qu’il cherche à démontrer et dénoncer les violences faites aux femmes par le sexe fort. Laëtitia, jeune femme innocente, trahit et salit par les hommes de son entourage alors même qu’elle cherchait simplement leur protection, celle d’un père, d’un frère, d’un petit ami. L’auteur lui-même culpabilise d’être un homme et a peur de nuire à la jeune fille à travers son livre ce qui le rend plutôt touchant. Cet ouvrage est très documenté d’un point de vue sociopolitique et dénonce également la reprise politique du meurtre de Laëtitia par Nicolas Sarkozy qui s’est lancé dans une ‘’chasse aux sorcières’’ au sein des organismes judiciaires. Il ne s’agit pas non plus d’un documentaire à la manière d’un reportage. Il cherche à comprendre tout en espérant nous faire découvrir sa personnalité, nous rappeler qui elle était à nous qui ne l’avons pas connu, pour que l’Histoire ne l’absorbe pas comme de nombreuses victimes de crimes dont le temps a effacé le souvenir. Ce livre est avant tout le souvenir de Laëtitia, une ode à sa jeune et courte vie, tellement différente de ceux qui ont connu la chaleur d’un foyer, mais parfois tellement similaire à l’adolescente que nous avons été, avec nos rêves et nos peines de cœur, nos moments de joie et de nostalgie. Je recommande cette lecture!

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20 janvier 2017

L'arracheuse de dents/Franz-Olivier Giesbert

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L'arracheuse de dents/Franz-Olivier Giesbert

Gallimard 2016

 

Résumé :

Sous le plancher de sa maison de famille, un professeur retrouve par hasard les Mémoires inédits de son aïeule Lucile Bradsock, réfugiée en pleine Révolution française chez un célèbre dentiste parisien qui lui a appris le métier.
Sa vie claque comme une épopée. Devenue l’une des premières femmes dentistes de l’Histoire, cette scandaleuse soigne Robespierre aussi bien que le fils du roi, avant de partir en Amérique sur un bateau négrier.
Grâce à ses talents de praticienne et au fil de ses aventures entre les deux continents, Lucile rencontre Louis XVI, Washington, La Fayette ou Napoléon, tous décrits sous un jour inattendu. Prenant fait et cause pour les esclaves du Sud ou les Indiens de l’Ouest, ce Monte-Cristo en jupons cherche toujours à infléchir le cours de l’Histoire sans oublier de redresser les torts et de faire justice elle-même.
Infatigable séductrice, Lucile Bradsock professe un goût immodéré de l’amour et des hommes. Sa devise : «Merci la vie!» Cette odyssée truculente est finalement un hymne à la joie.

Mon avis :

Voilà un livre dont je garde un avis très mitigé. Je pensais me lancer dans un roman où je découvrirais surtout la vie des pionniers, l’Amérique de l’Ouest… Hors en fait il s’agit surtout d’un roman ‘’d’accumulation’’. Notre pauvre héroïne est ballotée d’un continent à un autre, sans cesse en fuite, il lui arrive toutes les péripéties les plus inimaginables. Je me suis demandé à un moment donné, si l’auteur n’avait pas au préalable de sa rédaction, tiré une liste des personnes célèbres de cette époque, des batailles, des guerres, tout ce qu’il y a de plus mémorables afin d’y incruster son héroïne. Car notre demoiselle, non content d’avoir connu la Révolution et ses crimes, d’y avoir participé, d’avoir appris la dentisterie, de s’être fait compter fleurette ouvertement par différents hommes, hors mariage, d’avoir eu des conquêtes féminines, qui en soi auraient pu déjà en faire un roman assez fourni en ‘’matière’’, a également vécu avec les indiens d’Amérique, eu des relations intimes avec Napoléon, soigné Louis XVI et Robespierre, rencontré Jefferson, le président Grant, le ministre Fouché et j’en passe… En tant que lectrice d’ouvrages historiques, je n’aime pas beaucoup ces auteurs qui réinventent l’histoire, qu’on fasse tenir des conversations imaginaires aux grands noms de l’Histoire, parce que je trouve que cela laisse parfois des traces de fausseté dans l’imaginaire collectif! Je dois dire qu’arrivée à la moitié du roman, j’ai presque eu envie d’arrêter. Certes le style est plutôt agréable à lire, les frasques de notre Lucile sont divertissantes mais je commençais à me lasser de ces inventions. Puis je me suis dit qu’après tout, pourquoi ne pas jouer le jeu et admettre que tout cela soit possible. Du reste, en mettant de côté le caractère improbable des rencontres de notre voyageuse intrépide, l’auteur fournit beaucoup de descriptions des évènements historiques, qui eux sont plutôt véridiques, les détails des massacres des Indiens, les massacres vendéens, la guerre de sécession, le caractère de certains révolutionnaires, de Rousseau, des abolitionnistes… Notre personnage est le fil conducteur qui permet de faire le lien entre toutes ces étapes de l’histoire et je me suis surprise moi-même à apprécier le roman et à attendre la fin avec impatience! Je conseillerai donc aux lecteurs de faits historiques de passer leur chemin. En ce qui concerne les personnes ayant un goût prononcé pour les romans d’aventures ? Elles seront servies! Elles n'auront que l'embarras du choix! Notre Lucile a t-elle rêvé sa vie en la racontant? Après tout, ne dit-on pas ''menteuse comme une arracheuse de dents''?

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11 janvier 2017

Mousseline la Sérieuse/Sylvie Yvert

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Mousseline la Sérieuse/Sylvie Yvert

Éditeur : Editions Héloïse d'Ormesson (2016)

Résumé

Sylvie Yvert se glisse dans les pas de Madame Royale et donne voix à cette femme au destin hors du commun qui traversa les événements avec fierté et détermination. Sous sa plume délicate et poignante, la frontière entre victoire collective et drame intime se trouble pour révéler l’envers du décor de cette histoire de France que nous croyons connaître.

Mon avis

Aujourd'hui, je renoue avec ma passion qui est l'histoire moderne et notamment tout ce qui touche de près ou de loin à Marie-Antoinette. D'ordinaire, je m'abstiens de lire ce genre de romans historiques parce que j'ai l'impression de lire l'avis de l'auteur plutôt que des faits. Le problème avec les historiens, c'est qu'ils ont toujours du mal à rester neutres dans leurs propos. D'autant qu'ici, il ne peut y avoir que de l'interprétation du passé, la principale intéressée, Mousseline la sérieuse n'était plus de ce monde depuis 1851. Je me suis toutefois laisser tenter, espérant en apprendre un peu plus sur elle.
D'un point de vue historique et pour avoir lu un certain nombre de biographies sur la fille de Marie-Antoinette, je pense que le livre est assez fidèle à la réalité en ce qui concerne les faits, les anecdotes relatés. L'auteur s'est très bien documentée. En ce qui concerne les sentiments et le caractère de Marie-Thérèse, il y a forcement une part subjective de l'auteur même si les historiens s'accordent assez sur le caractère de l'orpheline. Beaucoup diront que le livre s'étend plus sur la période révolutionnaire que sur la période impériale. Cela est assez normal en réalité, l'auteur ayant basé (je pense) son roman autour de ses résultats de recherches. Hors après la Révolution, alors que l'Orpheline était la seule survivante des atrocités révolutionnaires, elle devenait en quelque sorte, une héroïne sublimée et beaucoup y allaient de leur plume pour raconter l'histoire de la famille. Aussi, beaucoup de personnes, anciens membres de la cour ou membres du personnel de la famille royale, nostalgiques, aimaient raconter des anecdotes d'un temps révolus. Tous ces témoignages nous permettent aujourd'hui de connaitre l'intimité de la royauté française. Comme on peut le percevoir dans le roman, en grandissant, Marie-Thérèse parlait peu du fait de sa grande timidité et n'ayant confiance qu'en peu de personnes, elle ne se livra pas sur ses sentiments et sur sa vie d'adulte après sa libération. L'auteur de ce fait, ne souhaitant probablement pas spéculer sur cette période de l'histoire et souhaitant rester au plus près de la réalité à sans doute préféré ne pas inventer pour pallier le manque de sources.
La forme romancée est intéressante, elle donne une humanité au livre, au point que l'on se surprend à penser que le récit est authentique, qu'il s'agit réellement de son journal. J'ai beaucoup apprécié ce livre car j'ai appris de nouvelles choses sur le sujet. Je savais que lors de leur captivité, la famille était plus que jamais soudée et cet ouvrage nous le fait ressentir. Je le conseille aux lecteurs fascinés par l'histoire mais qui n'apprécient pas de lire des livres qui ne font que consigner des événements, des noms de batailles, des noms de ministres, des dates qui se succèdent, aseptisés de toute humanité. Nous connaissons plus ou moins les faits et les souffrances de Marie-Thérèse mais sous la forme d'un roman, nous pouvons ressentir toutes ses émotions. Même s'il s'agit en quelque sorte de l'interprétation de l'auteur, en confrontant le caractère connu de la jeune fille avec son vécu, il est difficile de pouvoir imaginer d'autres sentiments. La détresse et la tristesse de celle qui, dit-on, avait les yeux rougis, se ressentent à travers les mots utilisés dans ce roman.

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04 janvier 2017

California Girls/Simon Liberati

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California Girls

Simon Liberati

Grasset 2016

 

Résumé

« En 1969, j’avais neuf ans. La famille Manson est entrée avec fracas dans mon imaginaire.  J’ai grandi avec l’image de trois filles de 20 ans  défiant les tribunaux américains, une croix sanglante gravée sur le front. Des droguées… voilà ce qu’on disait d’elles, des droguées qui avaient commis des crimes monstrueux sous l’emprise d’un gourou qu’elles prenaient pour Jésus-Christ. Plus tard, j’ai écrit cette histoire le plus simplement possible pour exorciser mes terreurs enfantines et j’ai revécu seconde par seconde le martyr de Sharon Tate. »
Los Angeles, 8 août 1969 : Charles Manson, dit Charlie, fanatise une bande de hippies, improbable « famille » que soudent drogue, sexe, rock’n roll et vénération fanatique envers le gourou. Téléguidés par Manson, trois filles et un garçon sont chargés d’une attaque, la première du grand chambardement qui sauvera le monde. La nuit même, sur les hauteurs de Los Angeles, les zombies défoncés tuent cinq fois. La sublime Sharon Tate, épouse de Roman Polanski enceinte de huit mois, est laissée pour morte après seize coups de baïonnette. Une des filles, Susan, dite Sadie, inscrit avec le sang de la star le mot PIG sur le mur de la villa avant de rejoindre le ranch qui abrite la Famille.
Au petit matin, le pays pétrifié découvre la scène sanglante sur ses écrans de télévision. Associées en un flash ultra violent, l’utopie hippie et l’opulence hollywoodienne s’anéantissent en un morbide reflet de l’Amérique. Crime crapuleux, vengeance d’un rocker raté, satanisme, combinaisons politiques, Black Panthers… Le crime garde une part de mystère.
En trois actes d’un hyper réalisme halluciné, Simon Liberati accompagne au plus près lesCalifornia girls et peint en western psychédélique un des faits divers les plus fantasmés des cinquante dernières années. Ces 36 heures signent la fin de l’innocence.

Mon avis

Aujourd'hui j'aimerais vous faire découvrir un livre, qui je pense, vaut vraiment le détours, surtout pour les lecteurs intéressés par les histoires vraies. Pour être honnête, je l'ai acheté sans lire le résumé! Je l'ai attrapé sur une pile de livres dans un bureau de presse! J'ai tout simplement été attirée par la jaquette (oups, superficialité quand tu nous tiens!). Mais quelques fois, le hasard fait bien les choses. D'ordinaire, je ne suis pas vraiment ''fan'' des livres dont les faits réels sont rapportés de façon romancé. J'ai toujours cette idée que je lis surtout ce qui sort de l'imaginaire de l'auteur et donc fatalement des évènements teintés de son point de vue. Hors, ici, après avoir vérifié un grand nombre des éléments racontés, je n'ai pu que reconnaître la véracité du roman. Je dois aussi avouer que je ne connaissais pas l'histoire du destin tragique de l'actrice Sharon Tate ainsi que de ses amis et par conséquent, l'existence de ce que je qualifierais personnellement de cette ''secte'' dirigée par Charles Manson. J'ai véritablement adoré ce livre, parce que je pense qu'il retranscrit vraiment les sentiments de tous les protagonistes, les tueurs, les hippies, les rockeurs, les victimes. J'ai quelques fois été mal à l'aise parce-que j'avais l'impression de me retrouver dans la peau d'une voyeuse ''macabre'', mais en réalité ce roman est intéressant à plusieurs titres. Il m'a fait découvrir le monde des hippies. Naïve comme je suis, dans mon imaginaire de trentenaire n'ayant pas connu la période, les hippies c'étaient avant tout des groupes d'amis jouant de la guitare autour d'un feu sur une plage ou dans un concert de rock... bref, petites fleurs bleues au coin de l'oreille, cheveux longs et pattes d'eph', fumant quelques substances illicites. Grâce à l'auteur, nous sommes véritablement plongés dans les années 60, au sein de ces communautés volontairement déconnectées de la réalité, cherchant à fuir un quotidien peut être trop lourd, s'évadant à coups de drogues dures, laissant libre court à leur volonté et envies primaires comme le sexe à outrance, ou les orgies... L'auteur ne nous cache rien, ni les maladies vénériennes, ni le manque d'hygiène, les puces, la crasse... nous sommes intégrés à la secte. L'autre intérêt de ce livre a été pour moi de pouvoir me faire un avis sur ce qui pousse ou non les gens à devenir des tueurs, le manque de raison, le manque d’empathie, l’embrigadement, le pouvoir d'un gourou sur des individus, la puissance de la manipulation. Comment ces individus ont-ils pu devenir des criminels aussi détachés émotionnellement des actes ils ont commis.

A plusieurs reprises, j'ai eu du mal à continuer ma lecture parce-que la description des crimes était insoutenable psychologiquement. Il y a pourtant un certain paradoxe. Plus je lisais les cruautés infligées aux victimes, plus je me sentais humaine, empathique et pleine de compassion pour les victimes. Vous êtes dans la peau d'un tueur et pourtant vous savez qu'en réalité, vous êtes trop humaine pour avoir une telle animosité cruelle en vous et vous espérez pouvoir changer les choses, arrêter le processus, communiquer votre pitié. A de nombreuses reprises j'avais envie de leur dire ''arrêtez'', ''ce n'est pas possible'', ''ils vont changer d'avis'', ''ayez pitié''. Je trouve que ce livre réveille nos sentiments et notre profonde humanité. Il nous aide à en apprendre sur nous-même. Comment rester insenssible? Ce livre est bouleversant dans la mesure où on sait que cette histoire est réelle et je pense que c'est pour cela qu'il est aussi marquant psychologiquement. C'est tout à fait le genre de lecture qui ne vous laisse pas indemne, qui amène à réfléchir sur ce qu'est la nature humaine, le côté sombre de certains individus, la pluralité des caractères humains. Le personnage de Linda a été pour moi une petite bouée de sauvetage, celle qui représente un peu la rédemption, qui nous laisse espérer qu'il y a peut être encore une étincelle de bon même chez les êtres les plus terribles.

Pour conclure, je dirai que nous connaissions les faits, ce livre nous les fait ressentir.

 

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